Bruno Angelini, pianiste, claviériste, compositeur jazz et musique contemporaine.
Bruno Angelini est venu à la musique par vocation et par hasard.
Issu d’une famille dans laquelle on ne se rêve pas en artiste, il se forme au piano classique et au jazz avec Guy Longnon au conservatoire de Marseille, mais poursuit
des études scientifiques.
Photo de ©Florence Ducommun
Un choix qui n’est pas un renoncement, puisque l’obtention de son diplôme d’ingénieur lui donnera la liberté de revenir à la musique, en se consacrant désormais à son exercice de prédilection : l’improvisation. Un été plus tard et au gré d’une réponse à une petite annonce, il a enchaîné soixante dates de concerts comme pianiste dans un trio : il décide de devenir musicien.
Il poursuit alors sa formation au CIM (Centre d’Information Musicale), où il rencontre Samy Abenaïm, qui deviendra son maître. De son enseignement, il retient une notion qui restera au cœur de sa pratique : l’écoute. Au-delà des techniques et de la virtuosité, elle a nourri son goût de la résonance, du silence, de la tension qui habite le geste lorsque le pianiste en a trouvé l’essence.
Influences
Influencé comme toute sa génération par Charles Mingus, Miles Davis, Keith Jarrett, Herbie Hancock ou John Coltrane, amateur de Stevie Wonder et de Marvin Gaye, Bruno Angelini comprend néanmoins que la musique qu’il aime écouter n’est pas forcément celle qu’il a vocation à jouer. Il découvre avec Paul Bley et Kenny Wheeler une musique plus abstraite, dont le caractère poétique et personnel le fascine, et
dans laquelle il se révèle en tant qu’interprète : sa carrière prend alors une orientation nouvelle, en forme de virage vers l’inconnu.
Photo de ©Maxim François
Collaborations
La période qui suit l’amène à jouer avec de nombreux musiciens, qui contribueront à façonner son parcours et sa construction, notamment : Kenny Wheeler, Riccardo Del Fra, Ichiro Onoe, Reggie Workman, Andrew Cyrille, Ramon Lopez, Giovanni Falzone, Francesco Bearzatti, Thierry Peala, Joe Fonda, Jeff Boudreaux, Sebastien Texier, Philippe Poussard, Christian Lete, Jean-Jacques Avenel, John Betch, Norma
Winstone, Jean-Philippe Viret, Gérard Lesne, Marc Ducret, Olivier Benoit, Bruno Chevillon, Jean-Charles Richard, Mauro Gargano, Fabrice Moreau, Stephan Oliva, Maria Laura Baccarini, Xavier Desandre, Yves Rousseau, Jean-Marc Larche, Pierrick Hardy, Joce Mienniel, Jean-Luc Cappozzo, Joe Rosenberg, Julien Augier, Jason Palmer, Christopher Thomas, Laïka Fatien, Louis Sclavis, Paolo Fresu, Luca Aquino, Henri Texier, Christophe Monniot, Sakina Abdou, Angelika Niescier…
Récompenses
Bruno Angelini est lauréat du prix « Coup de cœur jazz 2018 » de l’Académie Charles Cros, pour son album Open Land ; « Grand prix de l’académie Charles Cros 2021 » pour le disque Hors Temps d’Edward Perraud ; et « Coup de cœur jazz 2025 » de l’Académie Charles Cros, pour l’album De l’ombre à la lumière d’Edouard Perraud.
Au fil des projets et des expériences, il comprend qu’il a à cœur de travailler avec des artistes qui ont des histoires personnelles à raconter. Il construit alors un réseau artistique et amical qui est encore le sien aujourd’hui, autour de Claude Tchamitchian, Régis Huby, Edward Perraud, Fabrice Martinez, Eric Echampard, Christophe Marguet, Hélène Labarrière, Catherine Delaunay, Arnault Cuisinier, Michele Rabbia.
Bruno Angelini aime que les projets fassent écho, que la musique résonne avec l’humanité des autres.
Ce besoin de sens est également au cœur de son œuvre de compositeur : Bruno Angelini écrit une musique qui fait écho à la beauté comme à la violence du monde. Il ne choisit pas des thèmes mais des sujets, lesquels ne sont pas des prétextes à composer, mais des choses à dire. De la tristesse que lui inspire le mal que peut se faire l’humanité, il tire deux réponses, l’une poétique, l’autre engagée : la célébration du beau et la révolte.
Des réponses qu’il cherche toujours à proposer de façon inédite, renouvelant les artistes, les outils, les instrumentations. Non pour varier les formes par principe, mais pour créer du risque. Bruno Angelini aime se confronter à la contrainte et à l’inconfort ; se perdre même, jouer et composer sans savoir jusqu’où la musique peut l’entraîner.
« Je continue de développer mon rêve d’enfant : sentir que je n’ai pas de limites sur mon expérience. Je peux faire ce qui me passe par la tête. Il n’y a que cela qui m’intéresse ».